Les news

Opinion : Bruxelles en a marre des vandales




Des émeutiers ont pour la énième fois mis Bruxelles sens dessus dessous. Ils étaient 300. Les ‘supporters de football’ ne respectaient rien ni personne en ‘fêtant’ leur victoire. Rien n’a échappé à leur besoin irrépressible de destruction : magasins, feux, bacs à fleurs. Vingt-deux agents de police sont blessés. Des Bruxellois en pleurs craignaient pour leur vie et leurs biens.

Une conclusion souvent lue sur les médias sociaux : c’est la faute de la hiérarchie de la police. Ce qui est certains, c’est que les vandales sont coupables. Il devient temps d’agir sévèrement contre eux, car ils pensent qu’ils peuvent tout se permettre. Je serais étonnée qu’ils en soient à leur coup d’essai. Pourquoi un vandale interpellé a-t-il été relâché ? Il est temps que la justice agisse de manière décisive. Les faits destructeurs au cœur de la ville atteignent les Bruxellois dans leur cœur aussi. Trop, c’est trop !

Images caméra

Comme souvent, la critique est facile. Les politiques lancent une proposition de réforme après l’autre. Je plaide aussi, depuis des années déjà, pour une fusion des six zones de police en une seule grande zone. Cela peut même aller plus loin que ça. J’espère que les députés fédéraux en feront maintenant une priorité.

Soyons cependant honnêtes : la fusion n’est qu’une partie de la solution. D’autres problèmes se posent, auxquels une réforme de la police n’apportera pas de réponse. La police bruxelloise a choisi – à tort ou à raison – de d’abord rapidement disperser la foule et d’identifier ensuite les fauteurs de troubles par images caméras. Je laisse le soin aux experts en sécurité de juger si c’était la bonne solution.

Si la police avait agi durement, le risque aurait été grand que cela finisse au tribunal. Ce ne serait pas la première fois que des agents de police doivent se justifier pour ‘violence abusive’. Cela a-t-il pesé dans la décision de la police ? Peut-être. Une chose est certaine : si nous voulons que la police intervienne plus sévèrement, la législation doit être dans leur camp.

La police bruxelloise identifie maintenant les auteurs des faits par images caméra, de sorte que les preuves matérielles puissent être fournies à la justice. Que sera-t-il fait de ces preuves par la suite ? J’ai déjà été victime de vols à plusieurs reprises. Une enquête de police a fourni l’identité d’un auteur. Pensez-vous pourtant que l’auteur ait été condamné ? Non. C’est ce que de nombreux Bruxellois vivent. Chaque jour. Jusqu’à ce qu’ils en aient marre, qu’ils déménagent et ne veulent même plus savoir qui est responsable.

Il y a un manque de justice à Bruxelles, tout le monde le dit. Elle n’est pas efficace, la législation pénale souffre de nombreux manquements. Pensez aux enfants qui doivent mendier sur les genoux de leurs parents. L’interdiction de mendier avec des enfants n’existe toujours pas, suite à quoi des enfants continuent à rester dans la rue. Les rapports de la police et de la justice démontrent qu’il s’agit de familles criminelles qui voient la mendicité comme une activité économique et qui font peu cas des droits de l’enfant.

Au plaidoyer pour une interdiction légale de la mendicité des enfants, pour tenter de briser la spirale, les réponses sont toujours « c’est compliqué » et « il faut de la patience ». La patience des Bruxellois a atteint ses limites. La législation pénale inadaptée mine Bruxelles. J’attends impatiemment celui ou celle qui prouvera le contraire et imposera des peines à ceux qui ruinent la vie quotidienne des Bruxellois.

La police doit constamment agir entre la législation caduque dictée par des législateurs qui posent certains agresseurs en victimes et la volonté du peuple d’une intervention plus dure. Un vieux proverbe dit : « qui casse, paye ». Pourquoi cela n’est-il pas possible dans notre justice belge ? Il est temps que les malfaiteurs n’échappent plus à leurs responsabilités à cause de la prise en compte de leur désavantage social (le cas échéant), même si cela part d’une bonne intention. Il faut de la compréhension, mais la compréhension n’est pas une licence pour la violence.

Réparer les dégâts

Les 300 vandales sont responsables pour leurs propres faits, peu importe leur histoire. Ils doivent être sanctionnés de manière adaptée. Un conseil pour la justice : les délinquants peuvent exécuter une peine de travail dans l’atelier communal des Travaux publics, où ils pourront réparer le mobilier urbain qu’ils ont détruit. Peut-être peuvent-ils faire la même chose dans les magasins démolis ?

Nous avons beaucoup parlé de comportements déplacés, ces derniers jours. Définissons donc clairement les limites, imposons-les : gardez vos mains éloignées de quelqu’un d’autre ou de ce qui lui appartient. La lutte pour la propriété a été dure. Il ne faut ni arrangements, ni tolérance. Cela me fait penser à un autre proverbe : les bons comptes font les bons amis.

Els Ampe